Région parisienne - France

Eric Patrizio

Trop de critique tue la critique

A peine arrivés au bureau, lors du traditionnel café du matin, nous échangeons autour de l’actualité politique. Au programme ce jour-là : la démission de Christiane Taubira du gouvernement. Les critiques fusent envers Manuel Valls, Emmanuel Macron et notre président, le débat s’anime et le ton monte. C’est alors que nous sommes interrompus par un collègue : « C’est incroyable en France, tout le monde critique tout et tout le temps, les médias y compris ! » A noter que cette personne est de nationalité Marocaine, qu’elle est musulmane pratiquante et parfaitement intégrée en France. Elle jouit donc d’une autre culture lui apportant une vision différente des événements. Nous lui rappelons alors que François Hollande avait désigné la finance comme ennemi public numéro un lors de sa campagne présidentielle ce qui ne l’a pas empêché de nommer un banquier d’affaires au ministère de l’économie. Il nous rétorque alors : « Et bien, c’est certainement une excellente chose que monsieur Macron soit un financier, il connait donc très bien le sujet, c’est un atout indéniable ! » 2 – 0 !

Nous avons effectivement toujours cette tendance à être critique, moi le premier, envers nos dirigeants. C’est également criant dans le cas des partis politiques opposants envers le pouvoir ou des syndicats de toutes corporations envers le patronat. Je crois d’ailleurs me souvenir qu’un sélectionneur de l’équipe de France de football avait dit : « Quand l’équipe de France joue, il y a soixante millions de sélectionneurs ! ». Ce qui illustre bien la situation.

Conserver un esprit critique et pouvoir l’exprimer librement me parait être essentiel. Néanmoins, est-ce réellement constructif de critiquer systématiquement ? Je n’en ai pas l’impression, d’autant qu’il est nécessaire d’avoir les compétences, les tenants et les aboutissants afin d’apprécier une problématique dans sa globalité.

Fort de cette prise de conscience, je vais essayer d’évoluer en préférant le débat et la confrontation d’idées à la critique. Pas facile facile !

En ce qui concerne nos dirigeants politiques, je suis convaincu que nous pourrions adopter cet état d’esprit à leur égard s’ils respectaient scrupuleusement leurs programmes pendant leurs mandats, tout simplement. Quitte à légiférer dans ce sens. Ainsi, nous pourrions être responsabilisés au moment du vote, puis respecter et assumer nos choix démocratiques, laisser le gouvernement travailler, pour enfin pouvoir juger sur des faits objectifs. Un changement de paradigme, une autre utopie, concrète … ?!

1 Commentaire

  1. Eric Patrizio (Auteur de l'article)

    Le 11 février 2016 François Hollande a remanié son gouvernement. Il me semble que c’est le troisième, et probablement le dernier, de son mandat. Nous voilà en présence d’une magnifique illustration de cet article : Une déferlante de critiques tous azimuts, et aussi bien à droite qu’à gauche ! Même si notre président avait opté pour d’autres options, ou si Nicolas Hulot avait accepté le grand ministère de l’écologie, j’ai bien l’impression que le résultat aurait été le même : critiques sur critiques ! A bon entendeur … 😉

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