Région parisienne - France

Eric Patrizio

Management 1/2 : Une équipe soudée par des valeurs est en mesure de déplacer des montagnes.

En juin dernier s’est déroulé en France l’Euro 2016 de football. A cette occasion, j’ai eu la chance d’être invité par un ami à une affiche de prestige : le huitième de finale Italie – Espagne. Il est d’origine espagnole, je suis d’origine italienne, ce match était pour nous ! Quel privilège de pouvoir voir évoluer l’Espagne composée de toutes ses immenses stars, dont Iniesta pour n’en citer qu’un, capables de produire un jeu à la fois magnifique et efficace. En revanche, l’Italie est dans le creux de la vague depuis le départ de la génération 2006 championne du monde. Seul « Gigi » Buffon, éternel, immense, est toujours fidèle au poste.

Italie vs Espagne - Euro 2016 - Juin 2016

Italie vs Espagne – Euro 2016 – Juin 2016 – Paris Stade de France

Dès mon arrivée au stade, je m’imprègne de la liesse populaire, de l’ambiance festive, de l’énergie vitale multiculturelle incroyable que seul un stade est capable de nous délivrer. L’émotion atteint son apogée pendant les hymnes nationaux. Ça vibre, ça vit ! Ainsi, même si je crains que l’issue du match soit en faveur de l’Espagne, mon cœur bat la chamade et est rempli de joie.

A ma grande surprise, dès les premières minutes de jeu, la physionomie du match prend une tournure totalement inattendue : La Squadra Azzura prend le match à son compte : possession de balle, fluidité, collectif, solidarité, attaque, le tout via une tactique au cordeau. Résultat des courses : 2 – 0 pour les hommes d’Antonio Conte au terme d’un match de très haut niveau. Je rentre chez moi des étoiles plein les yeux et avec une grande gratitude pour mon ami, lui, un peu triste …

Les jours suivants, je repense souvent à cette magnifique soirée, et une question me taraude : « Comment l’Italie a fait pour gagner ce match ? » En effet, contrairement à la Roja, à l’exception de quelques cadres, la Nazionale était essentiellement composée de jeunes joueurs inconnus sur la scène internationale. La réponse m’a été donnée par Antonio Conte lui-même : « Mon projet en tant que responsable de la Squadra Azzura est simple : créer une équipe avec une âme, pas une sélection (d’individualités). ». Et il a clairement associé les actes aux paroles, c’est le moins que l’on puisse dire : il était habité par son projet, dépensait toute son énergie, sans cesse, sans compter, auprès de son équipe, en dehors et sur le terrain, pour s’assurer que les valeurs du groupe étaient respectées. Et ça a marché !

Il s’agit d’une belle leçon de vie allant bien au-delà d’un sport collectif. Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec mes lectures concernant le management par les valeurs, notamment l’excellent livre de Dave Logan « Managez votre tribu ». L’ouvrage explicite que les valeurs et la culture constituent le liant essentiel à la cohésion des membres d’une entreprise (ie. une tribu) et l’objectif unique du manager (ie. le leader tribal) est de s’assurer sans cesse qu’elles soient toujours respectées dans tous les contextes, et qu’elles guident l’intégralité des décisions. Ainsi, les individualités s’effacent au profit du groupe, et le groupe est alors en mesure de déplacer des montagnes grâce à un fort sentiment d’appartenance et une implication accrue.

Depuis début 2016, j’ai commencé à appliquer quelques-uns de ces concepts dans le cadre de mon activité professionnelle. Je travaille chez Facilogi, une agence digitale dédiée à l’immobilier en pleine phase de croissance et de structuration, en tant que responsable technique. Je pense par exemple à la mise en place de brèves réunions quotidiennes en début de chaque journée, d’une veille technologique hebdomadaire encadrée, et d’une réunion mensuelle d’échanges libres sur tous les aspects de notre quotidien. En outre, j’essaie de faire évoluer ma posture de manager, pour devenir un facilitateur, un guide, afin de favoriser l’épanouissement de chacun. C’est certainement ma tâche la plus ardue dans la mesure où c’est très subtil, humain, et à l’opposé du rôle traditionnel plus directif du manager. Les premiers résultats positifs se font déjà ressentir, essentiellement en terme de communication et d’ouverture au sein de l’équipe. Dans ce contexte, je pense déjà à écrire un article dédié à cette mutation explicitant le plus précisément possible les actions que nous avons menées. Mais j’ai besoin d’un peu plus de temps pour disposer de recul.

Se dire que son équipe est restreinte, que les budgets alloués sont serrés, qu’on ne peut pas attirer les profils experts, que les concurrents sont plus gros, etc. est totalement contre-productif. En effet, il faut faire avec ce qu’on est, avec ce qui est, dans l’instant. Agir alors en conséquence, sans se voiler la face, avec humilité.

Il faut y croire, avoir des convictions, être persévérant, et ça va marcher !

> Management 2/2 : Passer du management du « Comment » au management du « Pourquoi »

Dave Logan - Managez votre tribu

Dave Logan – Managez votre tribu (Tribal leadership)

2 Commentaires

  1. fAbienne

    Vive l’esprit d’équipe! Je suis persuadée comme toi que cela peut déplacer des montagnes! 🙂
    Trop souvent je vois des managers eviter de féliciter par peur d’avoir a gerer une demande d’augmentation alors que la reconnaissance pure est souvent bien plus valorisée par les employés que les managers le pensent…

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    1. Eric Patrizio (Auteur de l'article)

      Absolument ! L’humain est la dimension essentielle du management, on l’oublie souvent. Cultiver l’esprit d’équipe doit donc s’appuyer sur des convictions et des valeurs réelles. C’est pourquoi, utiliser le « bonheur au travail » à mauvais escient et parce que c’est tendance ne dupe personne !

      Répondre

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